Homéostasis est une installation scindée en trois mouvements thématiques distincts. Chaque mouvement traverse son propre régime d’effondrement :
WHAT ? La mémoire
WHEN ? Le temps
WHO ? L’identité
Chacun d’eux renvoie à des mécanismes physiologiques de régulation dysfonctionnels qui surviennent après un traumatisme. À chaque succession de systèmes, le réel s’efface davantage, jusqu’à la dissolution du sujet comme ultime forme de régulation.
(voir plus bas pour le détail de chaque mouvement).
WHAT ? (Premier mouvement)
Congélateur, système sonore interne, flaque d'eau 90 x 120 x 130 cm Des mémoires sourdes, gelées et contenues, trouvent une brèche dans le dysfonctionnement de leur contenant. Elles se liquéfient et envahissent l’espace.
WHEN ? (Deuxième mouvement)
Transat avec toile imprégnée de résine, ventilateur non-fonctionnel avec haut-parleur intégré 100 x 180 x 70 cm Un transat semble s’être figé lors d’une bourrasque. Le ventilateur en face de lui, bien qu’inopérant, diffuse encore son propre bruit. Plusieurs moments se superposent et s’enchevêtrent dans une même scène, créant une temporalité disjointe où tout advient simultanément.
“Le traumatisme est une maladie de présentification”
- Pierre Janet, L’automatisme psychologique, 1889.
WHO ? (Troisième mouvement)
Plexiglass blanc opal GS 200 x 65 x 0,8 cm Le dernier mouvement est celui de la dissolution. La plaque de plexiglass apparait ici comme le résidu de ce qui fut un corps, une fois dépouillé de toute caractéristique identitaire.
Privé de ses contours, la forme et la dimension du corps glisse vers celle de l’objet - une forme terminale et neutralisé.
Rien ne semble plus se passer, hormis une persistance silencieuse.
“L’effacement appartient à la structure même de la trace”
- Jacques Derrida.